Le Studio immersif
Depuis trente ans, les étudiantes et étudiants du Conservatoire apprennent la scène. En 2028, ils apprendront aussi le studio. Sous le bâtiment danse, 800 m² deviendront un lieu de création, d’enregistrement, de recherche et de transmission, équipé pour le son et l’image immersifs. Le chantier a commencé.

Le projet
Trois salles publiques ont façonné la pédagogie du Conservatoire : on y apprend à jouer devant un public, et cela change tout pour un jeune artiste. Aujourd’hui, un autre apprentissage s’impose, celui du studio.
Les métiers de la musique, de la danse, du son et de l’image se transforment vite. On enregistre autrement, on diffuse autrement, on compose pour des espaces sonores en trois dimensions. Le Studio immersif est la réponse du Conservatoire à ces mutations : un lieu où l’on apprend ces pratiques en les faisant.
Il occupera 800 m² au deuxième sous-sol du bâtiment danse, dans un volume technique jusqu’ici inexploité, avec une entrée indépendante côté place de la Fontaine aux Lions. Les travaux ont démarré en avril 2026, pour une inauguration prévue en septembre 2028.

Un studio, pour quoi faire ?
Au centre, une salle multimédia de 200 m², plateau polyvalent pouvant accueillir 54 musiciens en orchestre, des chanteurs, des danseuses et danseurs, des répétitions ou des tournages. Autour, deux régies, l’une audio, l’autre vidéo, quatre cabines d’enregistrement dont une dédiée au podcast, des loges, un foyer des artistes et des espaces techniques.
On y travaillera :
- l’enregistrement et la postproduction, avec des ingénieurs du son ;
- la captation et la diffusion de concerts et de masterclasses en direct ;
- la composition et la musique à l’image, avec des orchestres de formation variable ;
- la danse et la screendance ;
- les podcasts, les interviews filmées, les formats audiovisuels ;
- la recherche, sur l’acoustique, le geste interprétatif, la pratique collective à distance ou la transmission non verbale entre enseignants et étudiants.
Le son comme espace
Nous entendons naturellement en trois dimensions. Les enregistrements, eux, placent le plus souvent la musique devant nous, entre deux enceintes. Le son immersif cherche à retrouver ce que l’oreille fait sans effort : situer, entourer, donner une profondeur.
Concrètement, la salle multimédia sera équipée d’un dôme de soixante enceintes. Il permettra de modifier l’acoustique de la salle selon la musique jouée, et de placer les sons dans l’espace, autour de l’auditeur. La vidéo à 270 degrés complétera le dispositif.
Le studio travaillera à la fois avec les formats professionnels les plus répandus, comme le Dolby Atmos, et avec des standards ouverts et interopérables comme l’ADM. Ce choix compte : il permet de former des artistes capables de travailler partout, sans dépendre d’un seul environnement propriétaire, et de contribuer à un savoir-faire européen indépendant dans ce domaine.
Pour qui
D’abord pour les étudiantes et étudiants du Conservatoire, de toutes les disciplines : musique, danse, métiers du son et de l’image, composition, direction. Ils y acquerront des compétences directement attendues par les milieux artistiques et créatifs, ce qui pèse lourd au moment d’entrer dans le métier.
Pour les enseignantes et enseignants et les chercheurs, qui y développeront de nouvelles approches pédagogiques et scientifiques.
Pour les artistes, les alumni et les professionnels des industries culturelles et créatives, accueillis en résidence, pour des projets d’enregistrement ou de création. Pensé comme un living lab, le studio les réunira dans un même lieu, ce qui est rare à Paris intra-muros.
Et pour les publics, grâce aux captations, aux podcasts et aux séances d’écoute que le studio rendra possibles.
Ce que le studio changera, concrètement
Une étudiante en composition pourra entendre sa pièce spatialisée le jour même, et la retravailler. Un orchestre d’étudiants pourra enregistrer une musique de film dans des conditions professionnelles. Un chorégraphe et un ingénieur du son pourront chercher ensemble ce que devient un mouvement quand le son se déplace autour de lui. Une masterclasse pourra être suivie en direct, à l’autre bout de l’Europe.
Ce sont des choses qu’on ne peut pas faire aujourd’hui au Conservatoire.
Un projet qui se construit avec des partenaires
Le Studio immersif est soutenu par le ministère de la Culture et par France 2030, avec la Caisse des Dépôts, dans le cadre de l’appel à projets Compétences et métiers d’avenir.
Yamaha et NEXO en sont les partenaires technologiques, avec un apport en équipements audio professionnels. Le projet Plateau 1, laboratoire d’expérimentation mené avec eux au Conservatoire, préfigure déjà certaines des technologies du futur studio.
La Fondation Orange en est mécène Fondateur.
Le projet s’inscrit enfin dans une dynamique européenne, en dialogue avec plusieurs pôles de formation et de recherche, notamment l’Université de musique et des arts du spectacle de Vienne et le Conservatoire royal de La Haye, autour des formats immersifs ouverts.

Photo 1 : Préfiguration (2025) Salle Multimédia – Scène polyvalente ©TG Architectes
Photo 2 : Préfiguration (2023) Studio Immersif niveau -2 © TG Architectes