Les sorties de l'année 2026 du Label Initiale
Mis à jour le 16 octobre 2026
Cette année, le label discographique du Conservatoire de Paris Initiale ajoute six nouveaux albums à son catalogue. Découvrez dès à présent ces nouveautés !
The New Broken Consort - Jazz | Autour de Jan Erdös (cor)

Le titre du présent album, The New Broken Consort (« Le Nouveau Consort mêlé »), trouve son origine dans la musique baroque anglaise : le broken consort y désignait un ensemble d’instruments issus de plusieurs familles, en opposition au whole consort. Ce concept s’applique particulièrement bien à notre album, puisqu’on peut y entendre les timbres, se mêlant et se brisant, d’un quatuor à cordes, d’un quintette à vent et d’une section rythmique élargie. Ces deux mots – broken consort – résonnent aussi avec mon parcours personnel, rythmé par les voyages, avec leur lot de séparations et d’adaptations à de nouveaux contextes, de rencontres et de découvertes. L’idée originale consistant à approcher le jazz par le cor m’a quant à elle été suggérée par mon père – lui-même jazzman à ses heures –, sa rareté dans ce style de musique s’expliquant par l’incompatibilité du mode de jeu classique avec les standards musicaux que l’on retrouve dans les jam sessions.
Assez tôt, j’ai voulu entraîner d’autres instruments dans mes questionnements existentiels, à commencer par la flûte, le hautbois, la clarinette et le basson. Je rêvais d’un quintette à vent avec des musiciens jouant plusieurs instruments, qui pourrait à tout moment se transformer en quintette de jazz. Puis, au fur et à mesure de mes études et de mes découvertes au Conservatoire, avec la perspective de composer un jour pour orchestre, embarquer les instruments à cordes dans cette aventure m’a semblé une évidence. Tout finit par se concrétiser lors de mon récital de licence en jazz, où, pour la première fois, je jouais entouré de bois, de cordes et d’une section rythmique élargie. Il m’a ainsi semblé tout naturel de proposer au label Initiale ce projet d’enregistrement, le plus abouti que j’avais pu concevoir jusqu’alors. Le choix du répertoire m’est aussi apparu comme une évidence, puisqu’à ma connaissance il n’en existe pas pour la formation que j’avais choisie. J’aurais pu envisager l’arrangement, mais le parcours d’études en jazz du Conservatoire de Paris encourage ses élèves à composer et à trouver leurs propres moyens d’expression, créant ainsi un vivier d’idées musicales extrêmement riche. C’est cette richesse que j’ai voulu mettre en valeur à travers le présent enregistrement, en passant commande d’œuvres auprès de mes camarades du Conservatoire : Noé Degalle, Esteban Bardet, Lucien Lacquement et Igor Ławrynowicz ont accepté, et je leur en suis extrêmement reconnaissant. Pour ma part, je propose ici les trois pièces les plus abouties que j’ai pu composer ces trois dernières années.
Jan Erdös
1. Jan ERDÖS : Entscheidung – 08:50
2. Noé DEGALLE : La Maison des oiseaux – 07:15
3. Esteban BARDET : Pas de danse – 05:43
4. Lucien LACQUEMENT : Le Paradoxe des horloges jumelles – 04:13
5. Jan ERDÖS : Le Câlin – 06:43
6. Jan ERDÖS : Le Baiser du tigouin – 09:18
7. Igor ŁAWRYNOWICZ : 0-Day – 05:30
Jan Erdös, cor (1-7)
Clémence Béal, flûte (1-2, 4-7)
Althéa Inial, hautbois (1-2, 4-7)
Lucien Lacquement, clarinette (1-2, 4-7)
Claire Lasprèses, basson (1-2, 4-7)
Gabriel Zamora Cortés, guitare électrique (1-7)
Noé Degalle, piano (1-7)
Lucas Cord’homme, vibraphone (1-7)
Sacha Souêtre, batterie (1-7)
Eugénie Le Faure, violon I (1-7)
Loni Cornelis, violon II (1-7)
Ivan Valem, alto (1-7)
Jean-Baptiste De Maria, violoncelle (1-7)
Esteban Bardet, contrebasse (1-7)
Durée totale : 48:23
Liebeszauber (lieder) | Duo Chiaroscuro (Pierre Yves Cras, baryton, et Anna Giorgi, pianiste)

Duo Chiaroscuro
Anna Giorgi, piano
Pierre-Yves Cras, baryton
Si l’idée de romantisme est souvent et naturellement associée aux questions amoureuses, sa définition musicale englobe bien d’autres éléments et rend compte d’un véritable changement de paradigme dans la société et la vision du monde qu’elle développe à partir du XIXe siècle, particulièrement au sein de l’espace germanique. Les compositeurs Franz Schubert, Hugo Wolf et Richard Strauss incarnent cette évolution dans le domaine du lied. Mais, dans leur ombre, d’autres compositrices et compositeurs de talents ont aussi nourri ce mouvement. De jeunes compositeurs prometteurs, fauchés par la Grande Guerre comme Rudi Stephan, ou censurés par le régime nazi comme Hans Gál et Franz Schrecker, mais également les compositrices Rita Strohl ou Johanna Müller-Hermann – qui étudia la composition avec Alexander von Zemlinsky –, méritent aujourd’hui d’être redécouverts.
L’album Liebeszauber nous convie à un voyage initiatique conduisant vers l’amour, où les frontières entre rêve et réalité s’estompent. La nature y est omniprésente et devient le miroir des sentiments. Le fantastique, ses illusions et ses visions apparaissent tour à tour. Certaines rencontres, inquiétantes au premier abord, n’empêcheront pas l’auditeur de s’identifier au héros de l’album et de se laisser emporter par cette figure à l’âme véritablement romantique.
Le projet Liebeszauber est né grâce à notre découverte du compositeur Rudi Stephan, dont les œuvres ouvrent et concluent l’album, et plus particulièrement de sa Ballade pour baryton et orchestre, composée en 1913 sur un poème de Friedrich Hebbel. Le choix de proposer cette œuvre à l’enregistrement a conduit à sa transcription pour voix et piano ; nous espérons que ce travail permettra au grand public de découvrir une œuvre injustement tombée dans l’oubli.
Duo Chiaroscuro / William Besserer
1. Rudi STEPHAN : Waldnachmittag – 04:04
2. Franz SCHREKER : Und wie mag die liebe dir kommen sein ? – 01:34
3. Hugo WOLF : Auf einer Wanderung – 03:44
4. Johanna MÜLLER-HERMANN : Willst du mit mir wandern – 03:00
5. Richard STRAUSS : Freundliche Vision – 03:00
6. Franz SCHUBERT : Über allen Zauber Liebe – 02:47
7. Franz SCHUBERT : Die Entzückung an Laura – 02:29
8. Rita STROHL : Jeux de naïades – 09:49
9. Johanna MÜLLER-HERMANN : Herbstabend – 03:50
10. Hans GAL : Abend auf dem Fluss – 02:28
11. Hugo WOLF : Die Geister am Mummelsee – 03:49
12. Franz SCHUBERT : Wandrers Nachtlied – 02:34
13. Rudi STEPHAN : Mitternacht – 03:31
14. Rudi STEPHAN : Liebeszauber – 11:42
Durée totale : 58:30
Shadows of Silence – Jarrell, Jamar, CPE Bach | Federico Altare et les membres de son ensemble I Silenzi

Le silence n’est pas simplement l’opposé de la musique. Il en est la matière première : chaque son naît du silence et chaque vibration est destinée à y retourner. De la même manière, l’ombre n’est pas l’absence de lumière, mais l’espace que celle-ci n’a pas encore atteint. Si la lumière et le son partagent une même nature de phénomène propagé, alors ombre et silence peuvent être considérés comme deux réalités profondément liées. Mais comment saisir le silence ? Comment écouter l’ombre ? L’album Shadows of Silence est né de la conviction que le silence – comme l’ombre – constitue le terrain commun de toute création artistique. Il précède les styles, les genres et les époques ; il les traverse et les relie. À travers lui, des œuvres éloignées dans le temps peuvent entrer en résonance et révéler des affinités insoupçonnées. L’enjeu n’est donc pas de représenter le silence, mais d’en faire l’expérience par la musique.
Federico Altare
1. Michael JARRELL : …un temps de silence… – 19:14*
2. Alexandre JAMAR : Hymne et quinconce – 15:05
Carl Philipp Emanuel BACH : Concerto en sol majeur Wq 169
3. I. Allegro di molto – 11:33
4. II. Largo – 08:00
5. III. Presto – 05:58
Durée totale : 59:54
Federico Altare, flûte (1-5)
I Silenzi
Paul Tiberghien, flûte (1)
Thibaud Rezzouk, hautbois (1)
Rina Maezawa, clarinette (1)
Hélèna Ortuno, basson (1)
Hippolyte de Villele, cor (1)
Siméon Vineur, trompette (1)
Abel François, trombone (1)
Bastien Lafosse, percussions (1)
Morgan Laplace Mermoud, percussions (1)
Vincent Amir-Tahmasseb, harpe (1)
Arzhel Rouxel, piano (1) – clavecin (2)
Charles Bonnet Léon, clavecin (3-5)
Rémi Briffault, accordéon (2)
Giovanna Sevi, violon I (1)
Céleste Klingelschmitt, violon I (3-5)
Laurane Patard-Moreau, violon I (3-5)
Valentine Pinardel, violon I (3-5)
Youngseo Kim, violon II (1, 3-5)
Aude Béard, violon II (3-5)
Sarah Harrigan, violon II (3-5)
Iris Tocabens, viole de gambe (2)
Nadine Oussaad, alto (1, 3-5)
Nicolas Fromonteil, alto (3-5)
Paul Wiener, alto (3-5)
Lola Allegrini, violoncelle (1)
Robin de Talhouët, violoncelle (3-5)
Clément Stauffenegger, violoncelle (3-5)
Pietro Elia Barcellona, contrebasse (1)
Lukas Carrillo Elgueta, contrebasse (3-5)
Mats Thiersch, direction (1)
Pierre-Antoine Renioult, direction (2)
*© Éditions Henry-Lemoine
Impress-Express Jazz | Autour de Loni Cornelis (violon)

Avec l’album Impress-Express, j’ai souhaité relier entre elles les différentes manières dont je perçois et ressens le monde. Violoniste, compositrice, mais également attirée par les arts visuels depuis plusieurs années, j’essaie d’explorer les liens entre son et image. Inspiré par l’impressionnisme, le fauvisme et l’expressionnisme, Impress-Express transpose en musique ce qui me touche dans les peintures de ces différentes écoles : la liberté des formes, la sensation, la subjectivité et le passage de l’intime au collectif. Les contrastes visuels propres à ces différents mouvements deviennent ici des contrastes de textures, de dynamiques et de densités sonores. Le flou impressionniste influence mon travail du timbre, de la couleur harmonique, des contours et des espaces ; les lignes franches et les couleurs du fauvisme se traduisent en musique par l’utilisation de cellules rythmiques comme base d’écriture et de couleurs harmoniques plus nettes ; l’expressionnisme m’a conduite vers une approche plus libre de l’harmonie et de l’improvisation.
À travers Impress-Express, j’explore également une tension plus personnelle : celle entre introversion et extraversion, entre contemplation et expression. La musique devient alors un espace où ces opposés coexistent : on peut à la fois s’y dévoiler et s’y cacher, crier et chuchoter, naviguer entre contrôle et accident, précision et débordement. Mais au-delà de ces références, le projet s’est surtout construit à travers les musiciens qui le soutiennent. J’avais envie d’écrire une musique où les personnalités puissent circuler librement, où les rôles puissent se déplacer, se mélanger, parfois se contredire. J’ai choisi mes camarades pour la force de leur personnalité artistique et particulièrement pour leur rapport à l’improvisation. Les neuf pièces qui composent l’album sont pensées comme neuf espaces d’expression où chacun peut, à un moment donné, prendre le contrôle du discours. L’humour, le jeu et l’imprévu y tiennent une place importante.
L’album est construit en trois parties : Express, Impress-Express et Impress ; traçant un parcours allant progressivement de l’expressionnisme vers l’impressionnisme. Chaque partie comporte trois morceaux et repose sur des choix spécifiques d’écriture, d’orchestration et de travail sur le son. Cette évolution se traduit aussi par un resserrement progressif des formations. Le travail en studio a quant à lui directement prolongé la composition des différentes pièces.
Loni Cornelis
1. Express III – 06:01
2. Express II – 04:27
3. Express I – 06:12
4. Impress-Express III – 03:51
5. Impress-Express II – 04:57
6. Impress-Express I – 05:49
7. Impress III – 06:16
8. Impress II – 09:14
9. Impress I – 05:39
Durée totale : 52:32
Loni Cornelis, violon (1-9)
Charlotte Isenmann, flûte et piccolo (1-6)
Lucien Lacquement, clarinette et clarinette basse (1-6)
Liam Szymonik, saxophone alto (1-6)
Achille Alvarado, trompette (1-6)
Emilian Ducret, batterie (1-9)
Lucas Cord’homme, vibraphone et glockenspiel (1-7, 9)
Oscar Teruel, piano et Rhodes (1-9)
Tom Boizot, contrebasse (1-9)
Regards de l’Est – Pejačević, Smetana | Trio Montecristo

Trio Montecristo
Marie-Astrid Hulot (violon)
Jean-Baptiste Maizières (violoncelle)
Vincent Martinet (piano)
Regards de l’Est réunit deux œuvres phares du répertoire de la musique de chambre d’Europe centrale, composées à un demi-siècle d’intervalle et illustrant la correspondance entre l’intensité des passions romantiques et les drames propres à chaque artiste. D’une part, le Trio op. 15 de Bedřich Smetana (1855) constitue un cri de douleur déchirant : composée par Smetana à la suite de la mort de sa fille de quatre ans, l’œuvre est dominée par une passion sombre et un caractère de marche funèbre, tout en étant représentative des prémices de l’École nationale tchèque. D’autre part, le Trio op. 29 de Dora Pejačević (1910) nous transporte à l’aube du XXe siècle, révélant la voix puissante de la première compositrice croate reconnue. Traversée de lyrisme et de virtuosité, l’œuvre se réclame du romantisme tardif le plus élégant, tout en faisant montre d’une écriture harmonique riche et personnelle. Réunies, ces deux œuvres proposent un fascinant dialogue autour de l’expression de la souffrance et de l’ardeur romantique, jetant un pont entre Prague et le cœur de l’ancienne Autriche-Hongrie.
Trio Montecristo
Dora Pejačević : Trio op. 29
1. I. Allegro con moto – 11:32
2. II. Scherzo : Allegro – 06:34
3. III. Lento – 09:11
4. IV. Finale : Allegro risoluto – 09:40
Bedřich Smetana : Trio op. 15
5. I. Moderato assai – 11:26
6. II. Allegro ma non agitato – 08:14
7. III. Finale : Presto – 09:01
Durée totale – 01:05:52
Sonates de guerre – Prokofiev | Pierre Desangles (piano) et Arthur Heuel (violoncelle)

Le disque Sonates de guerre propose de visiter une des périodes les plus troubles et les plus fécondes de l’histoire musicale du XXe siècle : les années soviétiques de Sergueï Prokofiev, marquées par la guerre, la censure, et une tension constante entre liberté créatrice et contraintes idéologiques. À travers les sixième et septième Sonates, ainsi que la Sonate pour violoncelle et piano op. 119, le présent enregistrement propose un voyage sonore au sein du langage tardif de Prokofiev, où la violence de l’Histoire côtoie une ironie subtile et une inventivité toujours intacte.
Pierre Desangles
Sergueï PROKOFIEV
Sonate no 6 op. 82
1. I. Allegro moderato – 08:34
2. II. Allegretto – 04:34
3. III. Tempo di valzer lentissimo – 08:12
4. IV. Vivace – 07:22
Sonate pour violoncelle et piano op. 119
5. I. Andante grave – 11:29
6. II. Moderato – 05:22
7. III. Allegro ma non troppo – 08:37
Sonate no 7 op. 83
8. I. Allegro inquieto – 08:40
9. II. Andante caloroso – 06:58
10. III. Precipitato – 03:44
Pierre Desangles, piano (1-10)
Arthur Heuel, violoncelle (5-7)
Durée totale : 01:13:39