Le Conservatoire de Paris fait évoluer ses cursus d’Écriture et de Musicologie
Mis à jour le 15 avril 2026
Pourquoi changer ce qui fonctionne déjà ? La question revient souvent, et elle est légitime. Au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, les cycles supérieurs d’Écriture et de Musicologie ont longtemps mené directement au diplôme de master. Des parcours exigeants, reconnus, mais longs et parfois difficiles à déchiffrer, surtout pour les étudiant.es et partenaires internationaux.
À partir de la rentrée 2026 pour l’Écriture et la Musicologie, cette organisation évolue. Les formations seront désormais structurées en deux cycles : un premier cycle de trois ans pour consolider les bases, et un deuxième cycle de deux ans consacré à l’approfondissement et à la professionnalisation. Une réforme qui inscrit désormais ces disciplines dans le schéma européen Licence-Master-Doctorat (LMD), tout en clarifiant les étapes du parcours.
Écriture : reconnaître et valoriser chaque étape
Dans le département Écriture, composition et direction d’orchestre, dirigé par Yannaël Pasquier, la réforme s’inscrit dans un mouvement déjà engagé. Depuis 2025, le Conservatoire de Paris est accrédité à délivrer le Diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM) d’Écriture, mais il n’était pas encore mis en place.
« Notre objectif était de clarifier les parcours existants et de reconnaître les étapes, afin que tous les étudiants, même ceux qui ne suivent pas un cursus de cinq années, puissent valoriser leur acquis et obtenir un diplôme intermédiaire », explique Yannaël Pasquier.
Désormais, le premier cycle conduira au DNSPM, tandis que le deuxième cycle permettra d’obtenir un diplôme conférant le grade de master. Concrètement, le concours d’entrée actuel reste inchangé et donnera accès au premier cycle. Le passage en deuxième cycle sera automatique pour les étudiant.es du cursus après validation du DNSPM, et un concours d’entrée en master sera mis en place pour les candidat.es ayant déjà obtenus dans un autre établissement français un DNSPM d’écriture ou équivalent pour les établissements étrangers.
« Avant, certains étudiants suivaient le cursus d’écriture pendant plusieurs années sans aller jusqu’au bout et obtenir leur diplôme. Désormais, cette étape intermédiaire permettra de valoriser ces parcours. C’est une vraie avancée », souligne Yannaël Pasquier. Cette évolution permet notamment de reconnaître les parcours pluriels de nombreux interprètes et musicologues qui suivent ces enseignements d’écriture.
Musicologie : clarifier, professionnaliser, diversifier
La réforme touche également la musicologie, où le parcours était jusqu’ici complexe. Dirigé par Claire Lapalu, le département accueillait un cycle préparatoire non diplômant et un cycle supérieur menant directement au master.
« Les étudiant·es nous ont dit clairement que le cursus était passionnant… mais lourd et difficile à appréhender », raconte Claire Lapalu. Pour y remédier, les deux niveaux ont été fusionnés puis restructurés en premier et deuxième cycles.
Le premier cycle permet de consolider les connaissances fondamentales et de s’ouvrir à d’autres univers artistiques et intellectuels, tandis que le deuxième cycle est recentré sur l’expertise disciplinaire, la recherche et la professionnalisation. Au cœur de ce dernier, un parcours inédit, « Écosystèmes de la musique », offre aux étudiant·es la possibilité de choisir deux spécialisations parmi quatre : administration culturelle, direction artistique, dramaturgie et médiation. Ainsi, l'ambition de ce nouveau cursus est de garantir la haute expertise de la formation tout en valorisant la diversité des parcours et des profils.
« Nous formons des musicologues capables de circuler entre expertise et métiers, de dialoguer avec les artistes et de comprendre les enjeux du spectacle vivant », précise Claire Lapalu. Les enseignements sont accompagnés de mises en situation encadrées et d’interventions de professionnels, pour rapprocher la formation de la réalité des métiers.
Une réforme nécessaire et structurante
Pourquoi ce changement ? Les raisons sont multiples : améliorer la lisibilité des parcours, alléger des cursus jugés longs, répondre aux attentes des instances d’évaluation comme le HCERES, et renforcer la professionnalisation.
« Ce n’est pas une simplification ; c’est une meilleure structuration pour mieux former », souligne Yannaël Pasquier. L’exigence reste intacte, mais la manière d’y parvenir évolue, avec plus de progressivité, de clarté et de reconnaissance des étapes.
Au final, cette réforme inscrit le Conservatoire de Paris dans son temps. Les parcours d’Écriture et de Musicologie se dérouleront désormais en deux temps, tout en gardant une ambition intacte : former des artistes et des professionnels capables de penser, créer et agir dans le monde d’aujourd’hui.