Journées de la basse continue

Pour poser les jalons d'une pleine réussite professionnelle et artistique, le Conservatoire de Paris dispense un enseignement qui harmonise au mieux savoirs et savoir-faire. L'expérience de la scène est donc une partie essentielle de son projet pédagogique. Nous vous invitons à venir voir et entendre nos élèves, à les découvrir tout au long de cette programmation qui rythme la saison annuelle du Conservatoire.

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COLLOQUE
mercredi 22 janvier 2020 à 10h
Journées de la basse continue Conservatoire de Paris - Salle d’orgue
Journées de la basse continue

Actualité de la recherche

Depuis son émergence au XVIe et au XVIIe siècle, jusqu’à son enseignement au XIXe, la basse continue a été une matrice des évolutions du langage musical.
Véritable continent musical riche de sources, partitions et traités, les recherches sur le domaine de la basse continue ne cessent de s’étendre. Les grandes divergences stylistiques, chronologiques et géographiques seront explorées, avec un accent particulier sur ses origines en Italie au XVIIe siècle, les liens avec l’improvisation et la pratique des partimenti, les relations avec le répertoire de clavier et les accompagnements entièrement écrits…
À travers conférence et classe de maître les intervenants donneront à entendre le fruit de leur recherches avec la participation des élèves des classes de basse continue du Conservatoire.

Concert à 19h

Programme / Distribution

10H
OUVERTURE ET PRÉSENTATION DU COLLOQUE
Clément Carpentier

10H05
KEYBOARD ACCOMPANIMENT IN ITALIAN MUSIC IN THE SECOND HALF OF THE 16TH CENTURY
Augusta Campagne (Universität für Musik und darstellende Kunst, Vienne)
Hormis le très populaire luth, les instruments à claviers furent souvent utilisés pour accompagner les chanteurs et instrumentistes dans la seconde partie du XVIe siècle. Vers 1550, les premières instructions commencent à apparaître avant de se transformer rapidement en partitions imprimées. Ces dernières
se présentent sous divers formes : partie indépendante (à la fois dans les recueils de parties séparées et dans les partitions pour choeur), conducteurs réduits ou complets, ou encore tablatures.
Il était courant que le claviériste ait à écrire sa propre partie, utilisant la notation de l’intavolatura di cembalo e organo
Les études récentes de tablatures liées à Simone Verovio et « Carlo G. » ont révolutionné la pratique historiquement informée de l’accompagnement des madrigaux, canzonette et motets. D’autres tablatures, comme celles de Facoli (1588) donnent des exemples d’accompagnement des aria de forme strophique.
Contrairement aux idées reçues, ces tablatures « in concerto » montrent que l’accompagnement au clavier ne se limitait pas à la simple réduction des parties. La musique s’adaptait aux instruments à clavier, en ajoutant des notes ou des ornements.
Les différentes formes de ces tablatures présentent également des caractéristiques décrites dans les premières sources théoriques sur la basse continue.
C’est pourquoi un examen attentif des tablatures peut mener à une meilleure et plus concrète connaissance de ce qui était considéré comme une pratique usuelle de l’accompagnement dans la seconde partie du XVIe siècle.

10H50
QUESTIONS

11H
BANCHIERI, SPIRIDION AND THE THEORY AND PRACTICE OF COUNTERPOINT AND BASSO CONTINUO IN THE 17TH CENTURY
Edoardo Bellotti (Hochschule für Künste, Brême)
Depuis la publication des travaux de Franck Thomas Arnold (The Art of Accompaniment from a Thorough-Bass: As Practiced in the XVIIth and XVIIIth Centuries, 1931), les études sur la basse continue ont permis une meilleure compréhension de l’interprétation de la musique baroque en mettant en lumière les similarités et les différences entre les styles nationaux. Le développement du « système tonal » et le nombre incalculable de sources disponibles ont permis des avancées significatives sur la question de la basse continue au XVIIIe siècle.
Toutefois, les théories sur la basse continue au XVIIIe siècle ne permettent pas de comprendre correctement les problématiques du siècle précédent, où la théorie musicale était sous-tendue par la modalité et où l’éducation musicale était basée sur l’étude du contrepoint. De plus, aborder la musique XVIIe siècle à travers le prisme de l’approche tonale peut mener à de graves contresens dans la compréhension et l’interprétation des sources.
Par conséquent, on ne peut pas correctement comprendre ni interpréter la basse continue italienne, qui, ainsi que Jesper Bøje Christensen l’indique dans la préface de ses Fondements de la basse continue au XVIIIe siècle (Bärenreiter, 1995) « se modifia considérablement au cours de son histoire […] et a incontestablement le plus fortement influencé les autres styles nationaux ».
À travers l’analyse de l’Organo suonaino (Venise, 1605) d’Adriano Banchieri et une comparaison avec d’autres sources contemporaines, il est ainsi possible d’avoir une image plus claire du continuo au XVIIe siècle, qui était considéré comme le point d’achèvement d’un parcours pédagogique élaboré fondé sur le contrepoint.

11H45
QUESTIONS

12H
PAUSE

14H
PRÉSENTATION
Thierry Maeder

14H05
NOUVELLES PERSPECTIVES SUR L'ACCOMPAGNEMENT DE LA MUSIQUE VOCALE EN FRANCE (1750 – 1820)
Clotilde Verwaerde (Sorbonne Université, Paris)
La seconde moitié du XVIIIe siècle sonne irrémédiablement le glas de la basse continue au clavier : dès les années 1760, les chiffrages disparaissent peu à peu de la gravure musicale et sont bientôt remplacés par des parties de clavier entièrement écrites ou des arrangements des parties d’orchestre pour les airs détachés. Le paysage musical est progressivement redessiné autour d’alliances inédites de timbres, de nouveaux genres, de styles inspirés des musiques italiennes et allemandes : grâce à ses capacités sonores, le pianoforte supplante le clavecin et s’élève au rang de soliste dans la musique de chambre instrumentale et d’accompagnateur privilégié de la romance. Cette période de transition entre basse continue et accompagnement réalisé offre la possibilité d’un regard double, témoignant de pratiques déjà mises en oeuvre dans l’accompagnement improvisé, mais aussi de l’héritage de la basse continue dans la façon d’envisager et d’exécuter ces accompagnements écrits. La présente communication s’appuiera sur les indications présentes dans tout un ensemble d’écrits théoriques, de méthodes et de partitions encore trop peu connus, pour mettre au jour les enjeux, faire apparaître les continuités dans les techniques d’accompagnement et ainsi réévaluer la place de la basse continue et l’interprétation des partitions de musique vocale en France entre 1750 et 1820.

14H45
QUESTIONS

15 H
“DO NOT ANNOY OR DISTURB THE SINGER WITH A CONTINUOUS ARPEGGIO”: PERFORMANCE PRACTICES OF RECITATIVE ACCOMPANIMENT (1600 – 1750)
Thérèse de Goede (Conservatorium van Amsterdam)
Extrait de L’Armonico pratico a cimbalo (1708), ce précepte qui laisse peu de place à l’ambiguïté montre à quel point
Francesco Gasparini avait en aversion « l’arpègement continu » dans l’accompagnement du récit. D’un autre côté, cette remarque montre que cette pratique existait et qu’il faut par conséquent la considérer comme un élément valide de la pratique historiquement informée. Toutefois, l’accompagnement « surchargé » a été critiqué depuis les débuts du continuo, en particulier au sujet de l’accompagnement de la musique vocale soliste. D’ailleurs, même en l’absence d’une telle critique, de nombreuses sources demandent à l’accompagnateur de se garder d’une trop grande complexité. La question reste : jusqu’à quel point ? D’autres interrogations subsistent sur la manière de réaliser les accords eux-mêmes : les règles du contrepoint avaient-elles perdu leur importance dans le nouveau style soliste ? Quelles étaient les manières d’arpéger, de remplir les accords, les nombreuses manières d’arpéger, l’usage de l’acciaccatura ? Plus important encore peut-être demeure la question récurrente de la mimesis quant au sens du texte ; par exemple, un texte drôle implique-t-il un style amusant ou non ?
La présente communication permettra de tester différentes hypothèses, à partir de ces questionnements à partir d’extraits musicaux tirés du Lamento d’Arianna (1623) de Claudio Monteverdi, du « Lagrime mie » (1659) de Barbara Strozzi et du « Tremori al braccio » (ca. 1718 – 1720) d’Antonio Vivaldi.

15H40
QUESTIONS

15H50
MASTER CLASS
avec la participation de Laurence Pouderoux et Emmanuelle Schelfhout, sopranos, Olivier Gourdy, baryton
Hendrik Burkard, Cécile Chartrain, Baptiste Guittet, Doriane Leau, Hsiu-Tzu Ryan, Elies Tataruch, claviers

19H CONCERT

GIROLAMO FRESCOBALDI
Canzona Prima per Basso solo
Canzona Terza per Basso solo
Arnaud Condé, dulciane
Hendrik Burkard, orgue

ALESSANDRO STRADELLA
Sonata en do majeur
Grave – Allegro – Adagio – Presto – Largo – Allegro
Rozarta Luka, Akane Hagihara, violon
Gauthier Broutin, violoncelle
Cécile Chartrain, clavecin

ELISABETH JACQUET DE LA GUERRE
Sonate pour violon et basse continue en ré m
Presto - Adagio - Presto - Presto
Teeun Kim,  violon
Hsiu-Tzu  RYAN, clavecin

MICHEL RICHARD DE LALANDE
IIIe Leçon du Mercredy Saint
Emmanuelle Schelfhout, soprano
Maria Danneberg, viole de gambe
Elies Tataruch, orgue

GEORGE FREDERIC HAENDEL
Handel triosonate HWV 392
Andante – Allegro – Adagio – Allegro
Rozarta Luka, Akane Hagihara, violon
Gauthier Broutin, violoncelle
Cécile Chartrain, clavecin

Informations pratiques

ENTRÉE LIBRE SANS RÉSERVATION

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