Autour des écrits de Jean-Jacques Nattiez

Pour poser les jalons d'une pleine réussite professionnelle et artistique, le Conservatoire de Paris dispense un enseignement qui harmonise au mieux savoirs et savoir-faire. L'expérience de la scène est donc une partie essentielle de son projet pédagogique. Nous vous invitons à venir voir et entendre nos élèves, à les découvrir tout au long de cette programmation qui rythme la saison annuelle du Conservatoire.

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jeudi 12 novembre 2015 à 09h30
Autour des écrits de Jean-Jacques Nattiez Conservatoire de Paris - Salon Vinteuil
Autour des écrits de Jean-Jacques Nattiez

Pionnier de la sémiologie musicale, Jean-Jacques Nattiez est professeur émérite de musicologie à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il a consacré de nombreux ouvrages et articles au champ disciplinaire musicologique lui-même, aux méthodes qui s’y rapportent, dont l’un des plus récents a considérablement marqué l’historiographie en ce domaine : Analyses et interprétations de la musique. La mélodie du berger dans le Tristan et Isolde de Richard Wagner (Vrin, 2013).
Ses travaux concernant Wagner, Boulez, Proust, Lévi-Strauss, les rapports entre musique et les autres arts, ainsi que la musique des Inuit, des Aïnou et des Baganda, ont marqué de façon durable les études dans ces différents domaines. Il a également mené une activité intense de responsable éditorial très impliquée dans la vie musicale d’aujourd’hui (collection chez Christian Bourgois Musique/passé/présent et Circuit « revue nord-américaine de musique du XXe siècle ». Pendant dix années, il a dirigé la monumentale publication en cinq volumes de Musiques. Une encyclopédie pour le XXIe siècle (Actes Sud/Cité de la musique pour la version française).
Jean-Jacques Nattiez fête cette année ses 70 ans et le département musicologie et analyse du Conservatoire a choisi de lui rendre hommage en questionnant son œuvre et en multipliant les points de vue privilégiant les approches de différentes générations de chercheurs. Tout au long de cette journée d’étude, Jean-Jacques Nattiez donnera la réplique aux professeurs, aux élèves, aux artistes et chercheurs invités, dans un dialogue centré sur une sélection de ses travaux. Son ouvrage le plus récent (Wagner antisémite. Un problème historique, sémiologique et esthétique,  Paris, Christian Bourgois, à paraître le 5 novembre 2015) fera l’objet d’un échange avec Pierre-Michel Menger (professeur au Collège de France).

Autour de cet évènement :

Mercredi 4 novembre 2015

Conservatoire de Paris
Classe d'ethnomusicologie de Cécile Delétré : « Nattiez ethnomusicologue » / ouvert à tous
Plateau 5 (niveau -2) : 14h-16h et 16h-18h
Présentation des travaux de Jean-Jacques Nattiez en Ouganda, au Japon et au Canada et étude de ses partis-pris dans les volumes 3 et 5 (Musiques et cultures et L'unité de la musique, respectivement) de Musiques. Une encyclopédie pour le XXIe siècle, notamment pour défendre une musicologie capable de prendre en compte et de décrire efficacement toutes les formes de musiques qui existent au monde.

Mardi 10 novembre 2015

Cité de la musique - Philharmonie de Paris : Rencontre avec Jean-Jacques Nattiez / entrée libre
Salle de conférence de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris, à 19h, Laure Schnapper, musicologue, questionnera Jean-Jacques Nattiez à l'occasion de la sortie le 5 novembre 2015 de son dernier ouvrage Wagner antisémite. Un problème historique, sémiologique et esthétique (éditions Christian Bourgois).

Mercredi 18 novembre 2015

Conservatoire de Paris
Classe d'Histoire de la musique étude de l'interprétation de Sylvie Pébrier : « Présentation aux élèves de cette classe de l'ouvrage Wagner antisémite. Un problème historique, sémiologique et esthétique, par et avec Jean-Jacques Nattiez »

Programme / Distribution

Département musicologie et analyse
Sous la responsabilité de Corinne Schneider

9h
Accueil de Jean-Jacques NATTIEZ par les intervenants autour d’un petit-déjeuner

9h30
Introduction
Corinne SCHNEIDER

10h
Maxime JOOS : « Méthodologies et théories de l’analyse au cœur du projet sémiologique »
Mise en perspective des travaux de Jean-Jacques Nattiez concernant les théories de l’analyse depuis les Fondements d’une sémiologie de la musique (1975), en passant par Musicologie générale et sémiologie (1987), jusqu’aux Savoirs musicaux (volume 2 de l’Encyclopédie), en incluant le débat autour de la Set-Theory (cf. son article dans le collectif Autour de la Set-Theory, Delatour, 2008, sous la direction de M. Andreatta, J.-M. Bardez et J. Rahn).

11h pause

11h15
Claude ABROMONT : « Variations sur l’analyse paradigmatique »
Dans ses Fondements d’une sémiologie de la musique (1975), Jean-Jacques Nattiez prolongeait les perspectives taxinomiques initiées peu auparavant par Nicolas Ruwet (1972), suscitant par sa publication un engouement pour une pratique renouvelée de l’analyse musicale. Cette stimulante approche – et sa mise en page singulière – sont les concepts fondateurs de l’« analyse paradigmatique ». Nous tenterons une brève histoire d’une pratique que l’on peut faire remonter au début du XXe siècle, au sein du cercle des ethnomusicologues berlinois, et à laquelle on peut rattacher les prometteuses mises en pages soviétiques, ainsi que la version paradigmatique spontanée forgée par Pierre Boulez pour analyser le Sacre du printemps. Les propositions d’une étudiante du Conservatoire, Annabelle Carré, pour analyser la première des Trois pièces pour quatuor à cordes de Stravinsky, démontreront combien ce questionnement reste ouvert et fécond.

12h15 moment musical

12h30
Rémy CAMPOS : « Une analyse retrouvée de la mélodie du berger de Tristan (Paris, 1895) »
En 1895, Julien Tiersot publie dans le Ménestrel trois articles consacrés à une comparaison des chants de bergers de Tannhäuser et de Tristan et Isolde de Richard Wagner. Il est difficile de classer cette entreprise, longtemps oubliée, dans la typologie élaborée par Jean-Jacques Nattiez à partir des analyses existantes du célèbre solo de cor anglais. Ni proprement linéaire, pas vraiment formelle et apparemment peu paradigmatique, la proposition de Tiersot semble surgie d’un no man’s land théorique et méthodique. Cette communication tentera d’expliciter le projet du musicologue et les multiples contextes dans lesquels il s’insère, ce qui amènera à s’interroger sur la nature du discours analytique au tournant du siècle et sur la pertinence d’une approche historique de l’analyse musicale en général.

15h
Guillemette PREVOT : « Jean-Jacques Nattiez acteur de la revue Musique en jeu : la sémiologie musicale à l'épreuve d'une stratégie éditoriale »
Il s'agira dans cette intervention d'analyser le processus de formalisation de la sémiologie musicale de Jean-Jacques Nattiez d'un point de vue extra-sémiologique : celui d'une revue de musique contemporaine que l'on a pu qualifier d'avant-garde en ce qu'elle répercutait les préoccupations politiques, les ferveurs musicales et les fièvres théoriques de la vie intellectuelle effervescente de l'après mai 68. Dans cette perspective, cette communication portera sur la sémiologie de la musique en tant qu'elle s'élabore dans, avec, et par rapport à la revue Musique en jeu, que l'on envisagera selon les cas comme outil scientifique, structure éditoriale ou toile de fond socio-politique.

16h
Thomas LACOTE : « De la créativité en analyse musicale : Jean-Jacques Nattiez face à « l’analyse de compositeurs » du Conservatoire de Paris »
Au sein de la vaste cartographie de l’analyse musicale entreprise par Jean-Jacques Nattiez dans Analyses et interprétations de la musique à propos du solo de cor anglais de Tristan, un continent échappe de fait à son enquête et demeure terra incognita : l'analyse que pratique depuis quelques 70 ans, sous la conduite de compositeurs,  le Conservatoire de Paris. Fondée sur une subjectivité assumée, explicitant rarement ses procédures, s'adonnant volontiers au « piochage », « l’analyse de compositeurs » telle que l'ont enseignée Olivier Messiaen, Betsy Jolas, Claude Ballif, Michael Levinas et bien d’autres, paraît en tout point contrevenir aux exigences les plus élémentaires formulées par Nattiez pour fonder une pratique analytique digne de ce nom. Ces deux approches constituent-elles des réalités inconciliables ? S’agit-il seulement de la même discipline ? On tentera de dépasser cette opposition pour montrer, sans se contenter de ramener l'une à un ancêtre pré-scientifique de l'autre, où se situe l’analyse du Conservatoire dans la cartographie posée par Nattiez, et pour comprendre en retour les inévitables limites de cette entreprise, moins totalisante qu’il n’y paraît. Penser la tradition analytique propre du Conservatoire de Paris à l’ombre de la pensée de Nattiez offre la possibilité d’un regard renouvelé posé sur les modèles analytiques hérités, les ambitions scientifiques de la discipline et les liens entre analyse musicale et création.

17h moment musical

17h30
Pierre-Michel MENGER : « L’actualité de Jean-Jacques Nattiez : Wagner antisémite (parution : novembre 2015, Paris, Bourgois) »

Informations pratiques

Entrée libre

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