Architecture

L'emménagement du Conservatoire sur le site de la Villette s'inscrit naturellement dans le projet d'une « cité de la musique », comme lieu d'expérimentation pluriculturelle unique. Décidé en 1983 par le président François Mitterrand, ce projet est confié à Christian de Portzamparc, lauréat en 1985 du concours d'architecture.
Le pari architectural du Conservatoire : créer un espace de lumière et de rencontre.

Un projet architectural

Musicale et fonctionnelle, l'architecture de Christian de Portzamparc, concepteur de l'ensemble de la Cité de la Musique, invite les quelque 1 200 élèves du Conservatoire à tirer le meilleur profit possible de ses ressources : trois salles publiques offertes à leurs premières prestations, 170 salles et studios de travail, une médiathèque riche de 100 000 documents en prêt ou en consultation, un service audiovisuel intégré performant, un restaurant, des logements, un gymnase, etc.

La Cité de la musique ouest (le Conservatoire) abrite les lieux d'enseignement en une exceptionnelle concentration de salles toutes différentes : près de mille cinq cents personnes travaillent là ensemble, et la conception du bâtiment cherche à donner sa place à chacun. Malgré les exigences d'isolement acoustique élevées, toute claustrophobie ou effet de vertige du grand nombre sont absents, les salles étant regroupées en sous-ensembles isolés, liées par des lieux de rencontre et de circulation ouverts, lumineux, fluides et sonores.

Cette partie ouest est constituée de deux grandes familles d'espaces : les lieux d'étude, situés dans les étages, soit une grande quantité de salles moyennes et petites (studios, salles d'étude, espaces d'écoute, médiathèque, bureaux) ; les grandes salles ouvertes au public ou non (salle d'art lyrique, atelier interdisciplinaire, salle d'orgue, d'orchestre et de jazz), qui occupent une nappe basse, au coeur du terrain, de plain-pied autour d'un cloître et d'un jardin (à moins sept mètres).

Cette solution a permis de décongestionner le site tout en répondant aux exigences d'isolement
acoustique qui interdisaient certaines superpositions. Photo de Christian COQ

L'ensemble du bâtiment est divisé en quatre travées nord-sud séparées par des couloirs de lumière et formant, sur le côté sud, le front de boulevard. Ces quatre bâtiments sont unifiés par une grande paroi inclinée qui les couronne, protégeant acoustiquement les derniers étages. La travée ouest présente un long volume continu qui abrite la médiathèque, le gymnase, les logements des élèves. Elle est recouverte d'une grande toiture ondulante. La travée est, tournée vers la "Fontaine aux Lions", abrite le bâtiment "Danse". Entre les salles de danse et les salles d'étude, une faille transparente marque l'entrée des salles publiques.

A l'opposé de ces extérieurs calmes, une cour intérieure est le lieu d'événements architecturaux contrastés, ouverte aux spatialisations de musique : patio, jardin. Émergent le volume conique de la salle d'orgue et celui de la cage de scène.

C'est une suite colorée, et structurale, rassemblée sous la grande ondulation de l'aile ouest. Au coeur, les grandes salles s'ouvrent autour d'un patio-jardin ; ainsi, on oublie totalement que l'on est à sept mètres sous le niveau de la rue.

Christian de Portzamparc
Architecte

Les locaux

Deux cents ans après sa création, le Conservatoire dispose sur 34 000 m2 (ou 15 400 m2 de surface utile, hors réserves techniques) d'un bâtiment adapté à ses besoins spécifiques.

78 salles de classe

  • 5 grands studios de danse (140 à 180 m2) ;
  • 3 classes d'art lyrique (100 m2) ;
  • 3 grandes classes pour la percussion et l'électroacoustique ;
  • 3 amphithéâtres pour les cours à grand effectif (40 places) ;
  • 64 autres salles (de 40 à 60 m2) pour la majeure partie des classes instrumentales, vocales et théoriques (les salles de classe sont équipées d'instruments adaptés aux divers enseignements ; une trentaine de salles disposent d'équipement audio ou vidéo).

  • 70 studios de travail (de 15 à 25 m2), réservés au travail individuel ou en petit groupe et équipés en fonction des besoins spécifiques à chacune des disciplines pratiquées (studios d'orgue, studios de percussions, studios électroacoustiques).
  • 3 salles d'examens et de concours à huis clos occupant chacune 100 m2.
  • 7 plateaux d'orchestre sans public, pour le travail de répétition, répartis ainsi :
    • 1 grand plateau de répétition d'orchestre (400 m2) ;
    • 1 plateau d'ensembles instrumentaux (170 m2) ;
    • 4 plateaux d'orchestre de tailles médianes (de 60 à 120 m2) ;
    • 1 plateau de jazz (100 m2).

L'acoustique très soignée du grand plateau permet des enregistrements de grande qualité.

3 salles publiques

conçues pour les représentations d'opéra, les concerts, les récitals, les ballets, l'accueil des master-classes publiques ou toute autre représentation publique. Des fiches techniques sont disponibles sur demande auprès du service apprentissage de la scène - production

  • la salle d'orgue (250 places) est équipée d'un orgue romantique Rieger à traction mécanique, pourvu de trois claviers, d'un pédalier et disposant de quarante six jeux. Elle est destinée à la classe et aux récitals d'orgue, mais également aux concerts de musique de chambre.
  • la salle d'art lyrique (374 places) essentiellement revêtue de bois, a été conçue sur le schéma d'un théâtre à l'italienne classique. Elle accueille les spectacles d'art lyrique et d'art chorégraphique. Sa scène offre une surface d'environ 180 m2 (16 m de long sur 11 m de profondeur). La fosse d'orchestre de 90 m2 (environ 50 musiciens) est équipée d'un monte-orchestre. 
  • l'espace Maurice-Fleuret (400 m2 environ, 190 places), lieu privilégié de la création, a été conçu pour accueillir des activités variées d'expression contemporaine où s'expriment musiciens, chanteurs et danseurs.

Le centre électroacoustique

Comprenant deux studios de travail, un studio et cabine de prise de son, un studio de mixage et une salle spécifique dédiée à la spatialisation du son, ce centre propose aux élèves en composition, un outil de travail performant tant pour la réalisation d'œuvres électroacoustiques ou mixtes, que pour la composition assistée par les moyens informatiques.

Des espaces communs

  • espaces de consultation et de prêt de la médiathèque Hector Berlioz (1000 m2),
  • espace réservé au centre audiovisuel,
  • espaces formant l'infrastructure nécessaire à la vie collective (foyers, restaurant, cafétéria, gymnase, infirmerie).
  • logements : usage de 32 studios d'habitation pour élèves majeurs ou émancipés et de 19 studios en occupation double pour élèves mineurs,

Le Conservatoire dispose en outre de droits de réservation de logements dans le volume de la Cité de la musique (79 studios), au nord du site (68 studios) et à la Cité Internationale des Arts (22 ateliers).

Le Conservatoire dans le site de la Villette

Le projet de la Cité de la musique est mis à l’étude dès 1981 pour répondre à plusieurs constatations :

  • le besoin impérieux de reloger le Conservatoire à l’étroit rue de Madrid ;
  • la nécessité de réformer l’ensemble des structures et des méthodes des enseignements musical et chorégraphique ;
  • le désir de décloisonner les genres musicaux et d’ouvrir le Conservatoire vers l’extérieur ;
  • l’intérêt pour les élèves de disposer d’un " campus " où ils seraient logés et des synergies du site de la Villette.

Le Parc de la Villette, situé au nord-est de Paris, devenait avec ses 35 hectares le plus grand espace vert de Paris en même temps qu'un lieu d'expérimentation pluriculturelle unique, qui accueille chaque année 10 millions de visiteurs.

La construction d'un nouveau Conservatoire a trouvé naturellement sa place dans le projet de la cité de la musique, dont la construction est décidée en 1983, par le Président François Mitterrand. Christian de Portzamparc, lauréat en 1985 du concours d'architecture, conçoit la cité en deux ailes distinctes, véritable ville musicale aux multiples facettes s'enrichissant mutuellement :

A l'ouest, l'enseignement et la recherche avec le Conservatoire (ouvert en 1990), à l'est la diffusion et l'information avec la grande salle de concerts, le musée de la musique, la médiathèque pédagogique et le centre d'informations musicales (ouverts en 1995-1996).

La Cité accueille également en résidence l'Ensemble Inter contemporain et le Centre de Documentation de la Musique Contemporaine, tous partenaires enthousiastes du Conservatoire.
Associés dès l'ouverture de la cité de la musique, musiciens, formations musicales et danseurs du Conservatoire participent activement à la programmation de la salle des concerts comme de l'amphithéâtre du musée, un moment de vérité irremplaçable pour des élèves à l'orée de leur carrière. Ils participent également aux master-classes et à l'Université d'été coproduites par le Conservatoire et la Cité.

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