Études

La danse, la musique, les métiers du son et la pédagogie : les quatre secteurs d’enseignement au Conservatoire.

La danse

« C’est par leur «immensité » que les deux espaces : l'espace de l’intimité et l'espace du monde deviennent consonants ». Saisissons-nous de cette belle pensée de Gaston Bachelard pour en faire la métaphore de la danse. N’est-elle pas l’art de la germination d’un geste en son corps et son chant intérieur, et de sa projection à travers  l’espace ?
Alors, en une seule pensée sont réunies les composantes essentielles du Conservatoire : l’excellence et la poétique d’une présence en mouvement. L’excellence, ce biotope qui nourrit l’artiste dans son ambition à vouloir atteindre les contrées immenses de la maîtrise de son expressivité singulière ; la poétique, en cela qu’elle  est une plongée virtuose en soi, au cœur de l’intime. 
Or, le domaine de l’art chorégraphique voit le métier et les savoir-faire de danseur se transformer. Les artistes développent de nouvelles activités et gagnent en polyvalence. Les réponses pédagogiques prennent aujourd’hui appui sur le récent cycle du Diplôme National Supérieur Professionnel de danseur.
À la suite de ce premier cycle supérieur, un nouveau parcours d’approfondissement des connaissances se fait jour sous le mode de l’interprétation en participation créative. Outre la pratique de la scène, il se concentre sur la réalisation du projet personnel de l’élève et l’expérience de l’insertion professionnelle.
Une entité support du parcours d’expérience en scène est mise en place : EtuDiANSE. Amorcée dès l’année du certificat de danse, elle se poursuit en 2e cycle. En DNSP3, le premier niveau de ce parcours sera rythmé de présentations d’ateliers publics et de pièces chorégraphiques. En octobre, les « Entrées en matières » verront notamment des feuillets du répertoire mis en œuvre avec la collaboration des notateurs du mouvement. En janvier, avec « Ce qui est à l’œuvre », seront offertes au public d’autres danses en interprétations approfondies.
En 2e cycle, le deuxième niveau du parcours EtuDiANSE prend le relai du Junior Ballet. Il vise à dépasser les logiques d’une compagnie de jeunes élèves. Par ses contenus de projets artistiques et les éclairages spécifiques entourant la pratique de la danse, la dimension artisanale de l’apprentissage est augmentée de l’épanouissement d’une pensée autonome et critique de l’art.
Rappelons que la notation du mouvement est présente au sein du conservatoire, cette mémoire partitionnelle qui ne demande qu’à être réinterprétée par la danse. L’indispensable présence des cursus en écritures Laban et Benesh permet d’inscrire au patrimoine chorégraphique les œuvres d’aujourd’hui et de reconstruire les chefs d’œuvre du passé.

La musique

Un secteur composé de six départements qui présentent un riche panel de disciplines principales, vocales, instrumentales ou théoriques, auxquelles s’ajoutent des enseignements complémentaires optionnels ou obligatoires. Une formation qui se veut donc complète, tout à la fois théorique et pratique, individuelle et collective. Le Conservatoire entend ainsi parfaire la culture musicale de ses élèves et élargir le champ de leurs pratiques, leur offrant de nombreuses possibilités de spécialisation. Un équilibre indispensable pour former des artistes à même de se confronter à leur avenir professionnel.

Disciplines instrumentales classiques et contemporaines

La personnalité artistique des élèves instrumentistes, développée et approfondie dans un programme de formation de haut niveau, se construit également au travers de multiples activités dans la confrontation avec d’autres esthétiques et grâce à l’importante offre de master-classes qui leur est dédiée, moments d’exception s’il en est.
Témoin de la vitalité de l’établissement, le département participe ainsi largement de son rayonnement extérieur, par les quelques trois cents manifestations publiques dont les élèves sont les premiers acteurs, organisées dans des lieux riches de leur diversité, qu’il s’agisse des salles publiques du Conservatoire, de la Cité de la musique, institution partenaire de son projet pédagogique dès sa création, de musées, festivals ou scènes françaises et étrangères.
L’Orchestre du Conservatoire de Paris est son plus beau fleuron. Il est constitué à partir d’un ensemble de 350 instrumentistes qui, dans des programmes conçus dans une perspective pédagogique, rencontrent chefs et solistes de renom et se confrontent aux répertoires les plus divers.
Rappelons que la pratique de l’orchestre est inscrite dans l’histoire de l’institution : dès 1803, les symphonies de Haydn, puis de Mozart et de Beethoven étaient jouées par les élèves sous la direction de François-Antoine Habeneck, ce même chef qui fonda en 1828 avec d’anciens élèves, la Société des concerts du Conservatoire, à l’origine de l’Orchestre de Paris.
À cette programmation symphonique et lyrique, allant des créations, ateliers de composition ou de jazz aux académies d’orchestre avec les grandes formations nationales, s’ajoutent de nombreux projets et partenariats divers, notamment avec l’Ircam et Radio France, les spectacles construits avec les élèves danseurs, les concerts de l’Ensemble de percussions du Conservatoire, ainsi qu’un florilège de concerts de musique de chambre : vous y entendrez les chambristes de demain, réunis en petites formations par une même ferveur dans un travail d’orfèvrerie musicale.

Musique ancienne

Où l’on apprend à jouer Mozart sur un pianoforte et Bach avec une flûte à une
clé ; à maîtriser les instruments anciens ou copies d’anciens pour faire revivre la musique des siècles passés et être au plus près des sources et des styles.
C’est aussi une approche de la pratique musicale collective des plus enrichissantes où le chant a une part importante : chanter une cantate de Bach à l’église évangélique allemande de la rue Blanche dans les conditions où se déroulait le culte luthérien du temps de Bach, par exemple. Les recherches historiqueset musicologiques, l’organologie, l’histoire des instruments permettent de créer un pont entre les différentes époques, de documenter sa manière de jouer et de donner aux élèves un éventail le plus riche possible des différentes écoles et des styles afin qu’ils se forgent leur propre personnalité musicale. Une école de l’intelligence, de la flexibilité, loin de tout sectarisme, où l’on apprend aussi à lutter contre ses habitudes, s’interroger, ouvrir de nouvelles perspectives.

Jazz et musiques improvisées

Les élèves du département Jazz et musiques improvisées suivent une formation de haut niveau à la fois théorique, pratique et expérimentale. Chaque promotion constitue un atelier où les jeunes musiciens doivent composer, arranger, improviser. L’organisation de master-classes thématiques et de concerts à l’intérieur et à l’extérieur du Conservatoire permet, outre des rencontres précieuses, une ouverture sur les réalités du monde du travail et une meilleure connaissance du milieu indispensable à leur insertion professionnelle.
La mission du département est d’accompagner et de favoriser le développement de jeunes musiciens de haut niveau jusqu’à leur spécialisation et leur épanouissement personnel et artistique. L’étude approfondie des bases de la musique de jazz, la pratique de diverses approches de l’improvisation, l’élargissement de la culture musicale et artistique, la rencontre avec d’autres disciplines, la confrontation avec d’autres mondes, sont les chemins pour cet épanouissement, autant que la mise en situation par la réalisation de projets, de concerts et d’enregistrements. L’équipe pédagogique, constituée de musiciens instrumentistes, arrangeurs et compositeurs actifs dans divers domaines, permet aux élèves d’avoir aussi des contacts directs avec le milieu musical français et international.
La thématique de cette saison, « Avant-garde et tradition : le fil », propose une mise en perspective des périodes charnières de l’histoire du jazz à travers le lien dialogique entre tradition et avant-garde. Souvent, dans l’histoire, l’avant-garde est devenue tradition. Entre continuité et rupture, modélisation et distanciation, revival et création pure, le jazz poursuit son évolution, avec vitalité, créativité et audace. Il maintient ou pas le lien avec sa tradition mais toujours dans un rapport dialectique avec elle, en action dans le présent, tourné vers le futur mais conscient de la richesse de son passé. Nous partagerons ce thème à travers des rencontres organisées sous forme d’ateliers, concerts, master-classes et événements.

Disciplines vocales

Avec ses trois filières spécialisées (chant, accompagnement vocal et direction de chant), le département des disciplines vocales regroupe quatre-vingts élèves.
Les classes de chant ont pour mission de préparer des artistes complets. Ainsi, à côté des cours de technique vocale et d’interprétation, les élèves bénéficient-ils d’enseignements complémentaires essentiels à la pratique de leur métier. Parmi ces matières, l’accent est particulièrement mis sur les techniques de maîtrise et de compréhension des langages musicaux (analyse, formation et culture musicale, piano…), sur les langues étrangères,
sur les pratiques d’ensembles et le travail scénique.
La classe de direction de chantest destinée à former des chefs de chant et participe à la formation de che de chœur, de chef d’orchestre lyrique et de conseiller musical et vocal des théâtres lyriques. La classe d’accompagnement vocal a pour objectif principal la formation à l’accompagnement des chanteurs notamment par l’acquisition et la pratique du grand répertoire de récitals de chant (mélodies françaises et étrangères, airs de concert et d’oratorios). Tandis que les élèves se forment encore aux aspects techniques de leur futur métier ils participent également aux productions scéniques organisées par la Conservatoire, à des auditions mensuelles, à de nombreux concerts et récitals, la confrontation avec le public constituant une expérience irremplaçable et une occasion unique de mettre en pratique l’ensemble des connaissances acquises.
Enfin, leur insertion professionnelle est favorisée par l’organisation d’auditions devant des personnalités du monde lyrique et par la participation à des coproductions ou la reprise de concerts et spectales à l’extérieur du Conservatoire.

Écriture, composition et direction d’orchestre

Le travail avec l’orchestre et l’épreuve de la scène sont au cœur de la formation des jeunes chefs : ces derniers travaillent en étroite collaboration avec l’Orchestre des lauréats du Conservatoire et avec des orchestres professionnels partenaires, français et européens.
Des sessions avec des chefs invités sont organisées régulièrement et permettent aux élèves de se produire en public dans des programmes éclectiques.
Les compositeurs ont, eux aussi, de multiples occasions de créer leurs pièces avec les orchestres et les élèves instrumentistes du Conservatoire. Leur diversité esthétique se traduit par une palette extrêmement riche des musiques réalisées tout au long de leur scolarité, que ce soit dans les classes de composition instrumentale ou d’électroacoustique.
De nombreux concerts permettent d’écouter cette nouvelle génération de créateurs.
Dans les classes d’écriture, d’une richesse inégalée, les élèves abordent une immense variété de styles et écrivent des pièces dont les plus remarquables sont jouées lors d’auditions publiques.
Trait d’union entre des élèves aux horizons distincts, l’apprentissage de la scène et la confrontation au public permettent à chaque élève, en complément d’une formation théorique particulièrement exigeante, de développer son savoir-faire, cultiver sa singularité et s’accomplir musicalement.

Musicologie et analyse

Ce département place au cœur de ses orientations pédagogiques le questionnement du patrimoine musical au regard des domaines de l’interprétation et de la création artistique. Il assume une double mission au sein du Conservatoire en accompagnant d’une part la formation générale des artistes interprètes, compositeurs, arrangeurs ou chefs d’orchestre (environ 600 élèves de 1er et 2e cycles par an) ; et en dispensant d’autre part une formation supérieure spécialisée en musicologie dans les domaines de l’esthétique, de l’érudition musicale, de la recherche historique et des techniques d’analyse qui compte entre 80 et 100 élèves répartis en deux cycles d’étude (un cycle préparatoire non diplômant et un cycle supérieur délivrant un diplôme de 2e cycle conférant le grade de master).
Placé sous la responsabilité de Corinne Schneider depuis janvier 2013, le département musicologie et analyse compte une trentaine d’enseignants. Outre les classes spécialisées d’analyse théorique et appliquée, d’esthétique et d’histoire de la musique, une classe d’application nouvellement nommée « métiers de la culture musicale » a pour mission depuis son ouverture en 2013-2014 de former les élèves à la médiation, à la transmission de leurs connaissances, à l’écrit autant qu’à l’oral, ainsi qu’à la mise en pratique de leurs recherches. De nombreuses autres disciplines musicales (organologie et iconographie, ethnomusicologie, paléographie…), ainsi que des enseignements ciblant certains répertoires spécifiques (analyse de la musique de la Renaissance, histoire de la musique du Moyen Âge…), mais également des disciplines non musicales (comme la langue française destinées aux élèves non francophones, le théâtre et la littérature ou l’histoire de l’art), sont ouverts aux élèves musicologues ainsi qu’à tous les élèves du Conservatoire afin d’accompagner leur formation artistique.
Parallèlement aux activités de chaque classe, le département musicologie et analyse propose une « journée d’étude » par trimestre permettant aux jeunes musicologues d’exposer leurs réflexions et travaux de recherche en compagnie de leurs professeurs, d’artistes et de chercheurs invités. Ce département programme également un « concert-lecture » par mois permettant aux interprètes, analystes et musicologues, de faire l’expérience de la transmission de leur savoir et de présenter au public un regard singulier sur une œuvre ou un répertoire. Ces différents rendez-vous sont toujours pensés en associant la recherche patrimoniale et historique aux questionnements de l’interprète et du créateur.
Les travaux et les activités de recherches des élèves et des enseignants du département musicologie et analyse (recherche de répertoires, restauration d’œuvres rares, rédaction de notes de programme, présentations orales, interviews, etc.) sont liés aux activités des autres départements du Conservatoire ; ils sont pensés en fonction des manifestations artistiques de l’établissement et s’articulent avec les services de l’audiovisuel, de la médiathèque et du CREC. Ils s’épanouissent également à l’extérieur du Conservatoire par le biais de plusieurs partenariats avec des établissements d’enseignement ou des institutions artistiques (Université Paris-Sorbonne, Université Paris 8 Ecoles des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Philharmonie de Paris, Auditorium du Louvre, Opéra-Orchestre National de Montpellier, Concours international de piano d’Orléans…).

Les métiers du son

Le département « Métiers du son » propose deux cursus : la formation supérieure aux métiers du son, et le cursus d’acoustique musicale.

La formation supérieure aux métiers du son (fsms), créée en 1989, forme des musiciens-ingénieurs du son possédant des compétences à la fois musicales et techniques. Considérant que tout choix technique est avant tout un choix artistique permettant de répondre à une sitution musicale donnée, cette double compétence favorise la qualité du dialogue entre les participants au moment de la prise ou retraduction du son et permet de répondre au mieux aux questions que soulèvent l’enregistrement ou la diffusion.
L’enseignement de la fsms contient des matières aussi différentes que l’harmonie, la direction artistique, la prise de son, l’acoustique, l’informatique musicale, l’audio numérique.
La formation bénéficie de l’environnement du Conservatoire, avec ses nombreux élèvesde haut niveau des élèves qui en bénéficient eux-mêmes en étant très tôt confrontés aux contraintes de la prisede son. Elle est unique dans sa spécificité en France et s’inscrit dans le réseau international des écoles de musiciens-ingénieurs du son, notamment au travers de l’Audio Engineering Society.

La formation d’acoustique musicale, en revanche, existe depuis longtemps au Conservatoire. Ce cursus d’acoustique musicale apporte à des élèves, à l’origine musiciens n’ayant pas nécessairement de bases scientifiques, de très solides connaissances. Enfin, le mémoire de fin d’études leur permet de se consacrer à un travail de recherche en tirant parti de leur niveau musical.

La pédagogie

Pour les élèves musiciens du conservatoire de Paris, transmettre leur art et leur passion aux plus jeunes est souvent un désir puissant qui va modeler une partie de leur vie professionnelle à venir.
Le département de pédagogie a pour mission de donner des outils et des perspectives adaptés à tous ces futurs enseignants. Il s’est considérablement étoffé ces dernières années, ce qui lui permet de répondre aujourd’hui à quasiment tous les projets de formation à l’enseignement exprimés par les élèves du conservatoire, mais aussi d’accueillir des musiciens confirmés venus d’horizons très divers, désireux de se perfectionner dans le domaine de la pédagogie. De la simple initiation, ouverte à tous les élèves de deuxième cycle supérieur, jusqu’aux différents degrés de spécialisation conduisant à des diplômes spécifiques (le diplôme d’Etat, le certificat d’aptitude, le Master de pédagogie), l’offre du département concerne aujourd’hui plus de 300 élèves. Ses cursus souples et modulaires s’adaptent harmonieusement aux contraintes parfois lourdes d’élèves en formation d’interprète ou en début de carrière.  
Pour compléter de façon cohérente sa palette, le département de pédagogie s’est également doté d’une formation au métier de directeur de conservatoire, couronnée par le certificat d’aptitude de directeur.  

Le département est dirigé par Serge Cyferstein assisté de Madame Elisabeth Léculée, adjointe au responsable de département et Madame Muriel Obriet, chargée de mission pour la formation au certificat d’aptitude de professeur. Outre ces trois postes à plein temps,  l’équipe administrative se compose de Madame Marion Lancien, chargée de scolarité à mi-temps pour la formation au certificat d’aptitude de directeur et la formation au diplôme d’Etat, ainsi que de Madame Muriel Charpentier-Leroy, chargée de scolarité à temps partiel pour l’initiation à la pédagogie.

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