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dimanche 1 février 2015

Disparitions

Disparitions

Depuis la rentrée de janvier, le Conservatoire a hélas vu la disparition de deux grandes figures de son histoire récente. La première est Wilfride Piollet, ancienne danseuse étoile de l'Opéra national de Paris qui nous a quittés il y a une dizaine de jours. Je laisse Jean-Christophe Paré vous écrire au sujet de cette pédagogue hors pair qui enseigna au Conservatoire pendant presque 20 ans, dans la mesure où tous les deux étaient très proches, mais je dois vous dire que j'ai été très affecté par son décès. Wilfride était une immense dame, une danseuse à la curiosité sans égale qui aimait chorégraphier les partitions les plus originales (je pense notamment au « Prince de bois », oeuvre de Bartok qui me tient à coeur). Elle fut une réelle inspiratrice pour mes propres réflexions sur l'enseignement de la danse dans notre maison, notamment pour ce qui concerne le lien entre la pratique et la notation.

Aujourd'hui, c'est un autre artiste mythique qui nous quitte avec Aldo Ciccolini. Le plus français des pianistes italiens avait été remarqué dans notre pays à l'occasion de sa victoire au concours Long-Thibaud. Il avait fait le choix de s'installer en France par goût de notre répertoire national : Debussy, Ravel, mais aussi des compositeurs moins populaires comme Alkan ou Séverac. Il fut lui aussi pendant très longtemps professeur au Conservatoire, et y a formé de nombreux pianistes qui aujourd'hui mènent des carrières exemplaires. Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de l'écouter en concert alors qu'il avait largement dépassé les 80 ans ne peuvent qu'admirer la maîtrise de l'instrument qui fut la sienne tout au long de sa vie.

Nous pensons à eux en ce triste dimanche d'hiver.

Bruno MANTOVANI
Directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris

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